Le grand jour pour tous les amoureux de cinéma est arrivé, comme chaque année à la même période le festival de
Cannes va débuter. Amateurs ou amatrices de belle robes, de coiffures hallucinantes, d'actrices sculpturales (scarlett "I love you !"..) ou d'acteurs charismatiques pour vous mesdames et mesdemoiselles, de montées des marches, de huées dans les salles à la fin des projection, un classique ;-)) surtout lorsque le film est bon (cf. "La nuit nous appartient" de James Gray en 2007) Cannes est là pour satisfaire vos envies. Cannes c'est avec Berlin et Venise l'un des trois festivals du cinéma qui compte dans le monde. Bien sûr comme chaque année, le glamour côtoie la vulgarité des nombreux piques-assiettes et autres chroniqueurs de télévision présent dans ce genre d'événements. La montée des marches est toujours un grand moment d'émotion mais le plus souvent d'humour, parce que voir des mannequins et autres plantes vertes, de pseudos comiques, des stars de télévision ringardes, des sportifs monter les marches à la suite des Joaquin Phoenix, Woody Allen et autre Sean Penn, avouez qu'il y a de quoi rire ou pleurer au choix sur la misère de notre société de consommation actuelle. Alors moi je préfère ne retenir que le meilleur, c'est à dire le cinéma, aux oubliettes les histoires de sponsors, d'ego et de gros sous, ici nous ne parlerons uniquement que de cinéma ! 22 films sont en compétition pour une palme d'or. Le président du jury est cette année Sean Penn, on retrouve également la très belle Natalie Portman et le réalisateur Alfonso Cuaron. Un petit bémol pour l'affiche du festival de cette année qui est juste affreuse... La palme d'or sera remise, excusé du peu, par Robert de Niro. Quels sont les films qui m'attirent dans cette sélection 2008 parmi les 22 films en compétition ?
-Blindness le film de Fernando Meireless avec l'excellente Juliann Moore, dont la sortie est programmé en août 2008. L'histoire : Le pays est frappé par une épidémie de cécité qui se propage à une vitesse fulgurante. Les premiers contaminés sont mis en quarantaine dans un hôpital désaffecté où ils sont rapidement livrés à eux-mêmes, privés de tout repère. Ils devront faire face au besoin primitif de chacun : la volonté de survivre à n'importe quel prix.
-Palermo Shooting, parce que c'est Wim Wenders et que je suis toujours curieux de voir le travail de ce réalisateur. L'histoire : Sous le soleil de Sicile, une romance entre un Allemand d'âge mûr et une jeune Sicilienne.
-Che de Steven Soderbergh avec notamment l'immense Benicio Del Toro, toujours aussi charismatique... un film
de 4h28mn....ah quand même ! mais un projet que l'on attend avec une grande impatience. La date de sortie n'est pas encore communiqué. L'histoire tout le monde la connaît (et c'est là toute la difficulté de ce film ambitieux) c'est celle du révolutionnaire Ernesto Che Guevara.
-Il Divo de Paolo Sorrentino nous parle de l'histoire du Premier Ministre italien Giulio Andreotti, lequel a été élu sept fois au parlement depuis 1946. Surnommé l'"Inoxydable", ou bien "El Divo", Andreotti a été jugé en 1992, pour ses liens supposés avec la Cosa Nostra. Il est également le commanditaire présumé de l'assassinat politique d'un journaliste italien. Portrait du personnage politique italien le plus important depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
-Gomorra un autre film italien de Matteo Garrone sort le 13 août 2008, il raconte le parcours de six personnages confrontés à la criminalité, dans les villes de Naples, Scampia, Castelvolturno et Terzigno. Un film qui s'inspire de Gomorra le livre événement, véritable plongée dans l'univers impitoyable de la Camorra de Roberto Saviano.
-Two Lovers du grand James Gray, réalisateur qu'on ne présente plus, avec Gwyneth Paltrow et l'immense Joaquin Phoenix. La sortie est prévue le 26 novembre 2008. New York. Un homme hésite entre suivre son destin et épouser la femme que ses parents lui ont choisi ou se rebeller et écouter ses sentiments pour sa nouvelle voisine, belle et volage, dont il est tombé éperdument amoureux.
-L'échange de Clint Eastwood, l'un des plus grands réalisateurs actuels, alors forcément on attend toujours avec fébrilité son nouveau projet. Côté casting on retrouve John Malkovitch et Angelina Jolie. Dans les années 20, une femme voit son fils se faire kidnapper. Elle finit par le récupérer, mais s'agit-il vraiment de son petit garçon ? La sortie est prévue le 4 février 2009, le mot d'ordre est ici... patience...;-))
Au rayon hors-compétition on retiendra le très attendu "Indiana Jones IV" mais aussi le nouveau Woody Allen, paraît-il très chaud, normal "Vicky Cristina Barcelona" compte Penelope Cruz et Scarlett Johansson dans son casting.
Le roman de l'écrivain britannique Graham Green "La puissance et la gloire" se déroule au Mexique durant ce que l'on a nommé la Guerre des Cristeros (1926-1929). Un séjour au Mexique en 1937 lui inspira ce livre incroyable, le seul roman à thèse qu'il est écrit. Dès sa publication en 1940, ce roman fut considéré comme un chef d'oeuvre et un sommet des romans catholiques. Afin d'épouser la femme qu'il aimait il devînt catholique en 1926, et ne cessa alors de réfléchir sur le catholicisme, la foi, le dogme, le sens de notre existence, le bien et le mal. Un livre qui n'est pas sans me rappeller un autre chef d'oeuvre "Barabbas" qui valut à son auteur Pär Lagerkvist le prix nobel de littérature. Le clergé mexicain est persécuté par le gouvernement révolutionnaire. Il ne reste qu'un seul prêtre dont la vie est menacé à chaque instant, recherché par le pouvoir mexicain en place. Ce prêtre n'est pas ce que l'on appelle un modèle de sainteté : il boît trop, il a eu un enfant avec l'une de ses paroissiennes. Mais cet homme va donner sa vie "sans perdre à aucun moment le sentiment de sa bassesse et de sa honte", selon les mots de François Mauriac, auteur de la préface. Ce livre est profond, émouvant, magnifiquement écrit, on y voit un homme ivrogne, impur, un homme qui doute jusqu'au bout, implorant la miséricorde de Dieu face au supplice qui l'attend... Le roman monte crescendo, et l'on semble assister à la rédemption d'un homme qui se révèle dans des circonstances particulièrement difficiles. La force de ce roman c'est de ne pas présenter ce prêtre comme un exemple, Green nous présente un homme fait de chair et de sang, assaillit par la peur, le doute, capable d'accès de courage aussi, en somme un homme ordinaire face à des événements terribles. Une réflexion sur la religion, le sens du sacrifice, une démysthification du martyr tel qu'on l'a toujours vu depuis l'origine de l'Eglise. Les pages nous montrant cet homme seul dans sa cellule sont bouleversantes : (p.300) "Il se plaignait, lamentablement : tout cela est très bien... pour les saints (...), ensuite il se mit à pleurer, en se frappant doucement la tête contre le mur."
Ma note:*****/5.
J'ai souhaité apporter quelques précisions sur ce qui c'est déroulé lors de cette Guerre des Cristeros. Depuis 1917, la constitution mexicaine visait à réduire l'influence de l'Eglise catholique : les ordres monastiques furent interdit, l'enseignement sécularisé, l'exercice du culte en dehors des Eglises proscrit, les prêtres n'ont pas le droit de porter leurs habits religieux, perdent le droit de vote, et ont aussi l'interdiction de commenter les débats publics. Le président Elias Calles fait appliquer à partir de 1924, de manière très stricte les mesures anti-cléricales et fait voter d'autres lois anti-catholiques : un prêtre qui critique le gouvernement peut-être condamné à cinq années de prison. Face à cela, la Ligue nationale pour la défense de la liberté religieuse est créée en 1924. Le 11 juillet 1926, les évêques mexicains votent la suspension du culte public dans tout le pays et ils appellent au boycott économique du gouvernement : plus de transport public, grève des enseignants catholiques. En août 1926, des heurts éclatent entre les troupes fédérales et des catholiques retranchés dans l'église Notre-Dame de Guadalupe à Guadalajara, on dénombre de nombreuses victimes. Des représentants du mouvement catholique sont assassinés par le gouvernement. La rébellion catholique va être mené par Capristàn Garza, président de l'Association mexicaine de la jeunesse catholique. Pour lui "l'heure de la bataille a sonné" et "Dieu décidera de la victoire". Leur cri de guerre est "Viva Cristo Rey ! Viva la Virgen de Guadalupe !", Vive le Christ-Roi ! Vive la Vierge de Guadalupe ! Le conflit va durer jusqu'en 1929. Les insurgés sont victimes d'une répression sauvage, les colonnes infernales du général Ferrerira mettent à feu et à sang le nord du Jalisco. Des dizaines de milliers de paysans sont rassemblés dans des camps de concentration. En juin 1929, un compromis est trouvé entre l'Eglise et le Gouvernement fédéral : les prêtres reprennent les célébrations des offices suspendues depuis trois ans, le catéchisme peut reprendre. En 1933, le pays ne compte que 197 prêtres autorisés à officier. Le pape Jean Paul II a béatifié et canonisé 34 prêtres et laïcs mexicains.
Et après on se plaint du piratage...mais que font les maisons de disque alors que tous ces talents sont là...je pense à "Jean Michel sature", "Jean Michel à peu près"...lol
Ces trois garçons venus tout droit d'Australie, nourris au bon lait de la french-touch (de Air aux Daft), comptent d'hors et déjà parmi les meilleurs groupes électro actuels, leurs fans vont des Daft Punk à Justice, impossible de leur échapper et je peux d'hors et déjà vous dire qu'ils vont enflammer les festivals de l'été ! Cet album s'intitule "Dystopia" et il vient enfin de sortir en Europe, secouant la scène électro avec des titres diablement efficaces, qui donneront aux plus récalcitrant des danseurs l'envie de taper du pied. La pochette du disque donne le ton, embarquer dans un voyage intergalactique, spatio-temporel, mêlant des influences énormes allant de Bowie à Air, des Daft aux Klaxons. Une pop festive et hallucinogène, incontestablement un des meilleurs disques sortie en ce début d'année, une collection impressionnantes de tubes. Les 13 titres s'enchaînent parfaitement et la magie opère, le rythme de "ending od and era", le refrain entêtant de "into the galaxy" (titre au potentiel énorme à coup sûr vous allez l'entendre cet été absolument partout..), l'incroyable "shadows", "road to recovery", le très robotique et daft "tombstone"... les quelques titres un peu plus faible comme "scorpius" ou "twenty thousand leagues" ne viennent pas gâcher la fête et l'on sort de cet album, absolument euphorique, avec une seule idée en tête : "repeat". Le miracle des Midnight juggernauts c'est d'être toujours sur le fil du rasoir, entre le kitsch et le bon goût. Là où d'autres perdraient leurs âmes dans ses influences multiples, ces trois Australiens arrivent à nous les faire oublier et l'on rentre dans la danse. Un conseil, allez faire un tour dans la galaxie "Dystopia", quelque chose me dis que vous risquez de ne plus vouloir en revenir. Ma note :*****/5.
Après dix ans d'absence Portishead nous revient avec "Third", 11 nouveaux titres qui sonnent très électro-rock, en l'écoutant on pense au "Kid A" des Radiohead. L'album de Portishead est beau tout simplement, la voix de beth Gibbons est absolument sublime, elle magnifie ses chansons au son parfois très expérimental. Un album qui s'apprivoise, nécessitant plusieurs écoutes avant d'en déceler les trésors cachés. Un disque entêtant et surprenant tant Portishead semble avoir évolué. "Silence", "the rip" sont sublimes, "Machine gun" le premier extrait du LP est à l'image du disque, une ambiance assez sombre, mais une mélancolie sublimée par la force et la fragilité mêlée de la voix de Beth Gibbons. Un disque important de ce début d'année à n'en pas douter. Laissez vous transporter, un autre voyage dans des contrées lointaines et froides, "hunter" aurait pu faire partie de la bo d'un excellent thriller...Juste indispensable en attendant de découvrir ses titres en live.
Ma note :**** /5.
"The Age of the understatement" est le premier LP de The Last Shadow Puppets, le projet d'Alex Turner (leader de Artic Monkeys) et de Miles Kane (The Rascals). Cet album peut-être vu comme une sorte d'hommage à la pop des sixties, un mix entre pop sophistiquée comme l'excellente "The age of understatement" ou encore "My mistakes were made for you" (peut-être le meilleur titre du disque) et des titres plus énergiques. Une production qui donne un rendu très cinématographique, on se croirait presque dans Austin Powers ou James Bond sur "Only the truth" et "In my room", des titres propices au mojo de notre cher Austin... Là où d'autres sonneraient limite kitsch, Turner et Kane réussissent à nous faire rentrer dans ce trip d'une pop sixties à la sauce 2008... Certes ils subsistent quelques titres franchement moyens à l'image de ce dispensable "Meeting Place", mais les temps forts de ce LP valent le détour à condition de se laisser embarquer dans ce voyage à travers le temps. Ma note:*** /5.
Bonne nouvelle le site "Buzzline"(excellent site de zik et de culture en général) met en ligne des interviews démentes réalisées lors du Printemps de Bourges, on retrouve avec plaisir les Justice (et un Gaspard Augé toujours aussi bavard..), The Hives alias dixit leurs propres mots "le meillleur groupe du monde" (tiens ça me rappelle les Gallaghers çà...), notre ChabalDude de l'électro-pop Sébastien Tellier (toujours aussi drôle), mais encore Gonzales et Surkin....le lien c'est ici :
http://buzzline.fr/index.php/?q=printemps+de+Bourges
Pour vous 4 vidéos live du Printemps de Bourges 2008 : "We are your friends" JUSTICE; "Roche" et "Divine" TELLIER; "See the world" et "Always where I need to be" THE KOOKS. Bonne écoute !
Le nouveau clip de Sébastien tellier rien que pour vous "Manty" :
La vieille femme de la lune
On a beaucoup parlé dans la chambre, ce soir.
Couché, bordé, la lune entrant par la fenêtre,
On évoque à travers un somnolent bien-être,
La vieille qui, là-haut, porte son fagot noir.
Qu'elle doit être lasse et qu'on voudrait connaître
Le crime pour lequel nous pouvons tous la voir
Au long des claires nuits cheminer sans espoir !
Pauvre vieille si vieille, est-ce un vol de bois mort
Qui courbe son vieux dos sur la planète ronde ?
Elle a très froid, qui sait, quand le vent souffle fort.
Va-t-elle donc marcher jusqu'à la fin du monde ?
Et pourquoi dans le ciel la traîner jusqu'au jour !
On dort... Nous fermerons les yeux à double tour...
Lune, laisse-la donc s'asseoir une seconde.
Vous parler ?
Vous parler ? Non. Je ne peux pas.
Je préfère souffrir comme une plante,
Comme l'oiseau qui ne dit rien sur le tilleul.
Ils attendent. C'est bien. Puisqu'ils ne sont pas las
D'attendre, j'attendrai, de cette même attente.
Ils souffrent seuls. On doit apprendre à souffrir seul.
Je ne veux pas d'indifférents prêts à sourire
Ni d'amis gémissants. Que nul ne vienne.
La plante ne dit rien. L'oiseau se tait. Que dire ?
Cette douleur est seule au monde, quoi qu'on veuille.
Elle n'est pas celle des autres, c'est la mienne.
Une feuille a son mal qu'ignore l'autre feuille.
Et le mal de l'oiseau, l'autre oiseau n'en sait rien.
On ne sait pas. On ne sait pas. Qui se ressemble ?
Et se ressemblât-on, qu'importe. Il me convient
De n'entendre ce soir nulle parole vaine.
J'attends - comme le font derrière la fenêtre
Le vieil arbre sans geste et le pinson muet...
Une goutte d'eau pure, un peu de vent, qui sait ?
Qu'attendent-ils ? Nous l'attendrons ensemble.
Le soleil leur a dit qu'il reviendrait, peut-être...
Sabine Sicaud est née dans une famille lettrée du Sud-Ouest de la France. Elle présenta dès sa plus tendre enfance, des dons littéraires rares. A la suite d'un accident, blessée elle est atteinte de gangrène et mourra à seulement 15 ans. Elle laisse derrière elle une oeuvre d'une grande profondeur, des poèmes d'une rare émotion....
Joseph Boyden est un écrivain canadien qui signe ici son premier roman "Le Chemin des âmes". Un très jolie titre
pour un roman éblouissant de maîtrise, où Boyden nous replonge dans le chaudron de la première guerre mondiale, en s'intéressant tout particulièrement aux Amérindiens Crees qui combattirent dans les tranchées françaises pendant quatre longues années. Les Crees vivent au Canada, plus particulièrement dans la province de l'Ontario. Lorsque le conflit éclate en août 1914, le Canada rejoint la coalition qui au côté de la Grande Bretagne et de la France combat l'Allemagne. Plus de 4000 soldats amérindiens se sont engagés volontairement dans l'armée canadienne, affrontant les forces allemandes dans les tranchées du nord de la France, notamment lors de la bataille décisive de Vimy. "Le Chemin des âmes" est un vibrant hommage à ces hommes, oubliés de l'histoire, martyrs d'une cause qu'ils ne comprenaient pas toujours. Boyden s'est inspiré pour l'écriture de ce roman, de l'histoire vécue de Francis Pegahmagabow, un tireur d'élite cree qui aurait tué à lui seul 400 soldats allemands. "Le Chemin des âmes" c'est l'histoire de deux amis inséparables, deux Amérindiens Elijah et Xavier qui décident de s'engager dans l'armée canadienne, de quitter leur forêt natale de l'Ontario où il vivait avec la tante de Xavier, du produit de leur chasse. Ce roman nous montre la difficulté pour ces Amérindiens d'être accepté dans la société canadienne, leur pauvreté, le rejet de leurs coutumes, la "trahison" des idéaux ancestraux au nom d'une acceptation de la modernité. Xavier symbolise ces Amérindiens qui souhaitèrent conserver leur sagesse ancestrale, alors que Elijah lui choisit d'abandonner cette part de lui-même pour revêtir les habits d'un autre, la langue anglaise. Un récit poignant sur la guerre dévoreuse d'hommes et surtout d'âmes, que se soit celle des morts bien évidemment mais aussi celle des survivants. Le récit débute en 1919, lorsqu'arrive un jeune homme gravement blessé dans une gare de l'Ontario, mais celui qui descend du train devrait-être mort....l'Amérindienne qui attend sur le quai de la gare, découvre un Xavier métamorphosé et marqué d'une trace indélébile, celle du survivant revenu des confins de l'Enfer... C'est le destin tragique de ces deux jeunes hommes, Elijah et Xavier, qui est raconté sous forme de flash-back. Xavier remonte une rivière de l'Ontario en canoë en compagnie de sa tante, les souvenirs l'assaillent, la douleur du corps meurtri, amputé d'une jambe et l'âme... sur laquelle pèse tout le poids de la culpabilité.. Drogué par la "médecine", nom donné à la morphine dans le roman, Xavier erre entre la vie et la mort sur ce "Chemin des âmes"... Rarement l'enfer des tranchées n'aura été aussi bien décrite, l'absurdité des ordres, la corruption des âmes, le lent processus de déshumanisation qui vise à transformer l'homme en un être uniquement animé par ses pulsions....tuer pour vivre, vivre pour tuer... tel est ce terrible paradoxe de la vie des tranchées pendant la première guerre mondiale. Le style de l'écriture est absolument sublime, l'histoire passionnante nous fait vivre l'enfer, tout en nous donnant à lire de pures moments de grâce, l'amour, l'amitié, la vie, la mort, l'âme... ce basculement tout au long du récit, d'un monde à l'autre, des boucheries de "l'Europe civilisée" au monde des forêts et des esprits des nations amérindiennes canadiennes, un monde qui s'effrite et tombe peu à peu dans l'oubli. Un livre qui permet de nous interroger sur ce qui fonde nos civilisations dites "civilisées", peut-on traverser l'enfer sans perdre son âme ? Un roman d'une force incroyable, entrer dans le monde de Boyden et suivez-le sur le "Chemin des âmes", un livre qui vous hantera pendant longtemps. Ma Note:*****/5.
Un lien passionnant sur la participation du Canada à la Première guerre mondiale :
http://www.vac-acc.gc.ca/remembers_f/sub.cfm?source=history/firstwar/canada
on Cannes 2008 : Photos - Scarlett Johansson Clip 1er Album - Mylène Jampanoï