Les 5 Films préférés du Dude en 2008 au Cinéma :
En attendant le classement des 5 films préférés de l'année 2008 des voxeuses et voxeurs (je rappelle que vous avez jusqu'au 31 décembre compris pour participer), votre Dude vous présente son Top cinq ! Le choix fût vous vous en doutez bien cornélien, j'ai dû choisir parmi 19 films vu au cinéma, sans compter les multiples Divx et autres DVD vu cette année, c'est donc au coeur de cette montagne cinématographique que j'ai établi ce top cinq. Certains films se détachaient bien évidemment du reste du lot et ils sont ici :
5- "No Country for Old Men" des Frères Coen, Sortie le 23 Janvier 2008.
Comme le dit l'adage "Dudesque" pas de top cinq sans un film des frères Coen. Amateur des frères Coen réjouissez vous, les deux frangins terribles du cinéma us sont de retour et ils sont en grande forme. Ce qui ont aimé "Fargo"
se réjouiront de retrouver les frères Coen dans un film très noir mais
où l'humour n'est pas non plus totalement absent. L'histoire est somme
toute assez classique mais elle est magnifiée par une très belle
réalisation, un soin méticuleux apporté à chaque image. Les dialogues
sont toujours aussi bons, l'interprétation sans faille avec Tommy Lee
Jones et surtout l'incroyable (le mot n'est pas trop fort) Javier
Bardem en
tueur psychopathe. La performance de Bardem est vraiment le point fort
de ce film, chaque apparition du personnage du tueur joué par ce
dernier emmène le film dans une autre dimension, et elle justifie à
elle seule la vision du film. Ce personnage du tueur complètement barré
va très certainement marquer la carrière des frères Coen, et il sera à
coup sûr un des assassins les plus "flippants" du cinéma (rappellez
vous lorsque Nicholson dans Shining, vous y êtes). Certes, certains
pourront parler de quelques longueurs et d'une fin un peu bâclée, mais
ces défauts mineurs ne gâchent en rien le plaisir immense que l'ont
prend en regardant ce film. Si vous êtes cinéphile, allergique aux
films tout pourri..lol, fan des frères Coen, amateurs de thriller,
de polar, de tueur complètement barré, d'humour noir, ce film est pour
vous et il se devait d'être dans le top cinq du Dude.
4-"The Dark Night" Christopher Nolan, Sortie le 13 Août 2008.
"The Dark Night" est un ovni parmi les
blockbusters qui sortent habituellement, la logique financière est
présente certes, mais on sent chez le réalisateur Christopher Nolan (auteur des déjà très bons "The Prestige""Batman Begins") un profond respect pour ce projet et pour le spectateur, et cette idée un peu perdu de nos jours, qu'il ne suffit pas d'aligner les millions de dollars pour faire un bon film.
"The Dark Night" c'est un spectacle (un énorme budget de 180 millions de dollars) mais c'est aussi et avant tout du vrai cinéma qui réconcilie le cinéphile et celui qui veut simplement passer un bon moment. Aux Etats-Unis, le film a battu tous les records (plus de 500 millions de dollars en seulement cinq semaines d'exploitation), il faut dire que ce film réussit l'exploit de réunir succès publique et succès critique, jugé plutôt :"Il n'est pas interdit de voir dans ce second Batman version Nolan le sommet de toute la
3- "Wall E" Andrew Stanton, Sortie le 30 Juillet 2008.
"WALL-E" est le dernier être sur Terre et s'avère être un... petit
robot ! 700 ans plus tôt, l'humanité a déserté notre planète laissant à
cette incroyable petite machine le soin de nettoyer la Terre. Mais au
bout de ces longues années, WALL-E a développé un petit défaut
technique : une forte personnalité. Extrêmement curieux, très
indiscret, il est surtout un peu trop seul...Ce film je ne voulais le manquer sous aucun prétexte. Wall E a réussit l'exploit
(remarquez c'est un peu une habitude avec Pixar) de réunir public et
critique, tous unanimes pour célébrer les louanges de ce petit robot au
dessin si craquant. Parce que ne nous y trompons pas dans cinéma
d'animation et bien le plus souvent le mot "animation" prime sur celui
de "cinéma". Wall-E c'est juste
du Cinéma avec une majuscule, du très grand cinéma, comme on en a
jamais vu en matière d'animation. D'un point de vue technique, il
renvoie les autres films de Pixar, pourtant pour la plupart déjà fort
réussit, aux oubliettes. L'on comprend mieux à la vue de ce Wall-E
pourquoi Disney s'est tant démené pour conserver dans son giron les
équipes prodigieuses de créativité de chez Pixar. Parce que cette
société a réinventée le cinéma d'animation, finit la file de parents la
mine triste qui se disaient "bon allez on emmène les enfants voir un
dessin animé, je sens qu'on m'a s'amuser ma chérie...:))". Avec
Les lumières s'éteignent, le voyage peut débuter....le silence tout d'abord, pas de dialogue pendant les quinze premières minutes, mais une musique signée Jonny Greenwood (le guitariste de Radiohead) inquiétante et frissonnante, qui nous fait entrer dans cette univers...de fou, de "self made man" à la recherche de "l'or noir". "There Will be Blood" c'est l'histoire de Daniel Plainview, un homme accompagné de son fils, qui décide un jour d'aller tenter sa chance dans une petite ville de Californie, où paraît-il, le pétrole coulerait à flot... A travers le récit de la vie de cet homme et de son fils, c'est l'histoire de l'Amérique de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle qui nous est contée, une histoire faite de trahison, d'ambition, de corruption....le tout baignée dans un monde profondément empreint de religiosité. Paul Thomas Anderson (déjà l'auteur du très jolie "Magnolia") nous livre ici un film hors-norme, un véritable chef-d'oeuvre tant sur le fond que sur la forme, des images d'une beauté saisissante nous rappellant tour à tour les films de Malick, de Kubrick....("Les moissons du ciel" de Malick par exemple), un film contemplatif (à l'image du "Jesse James" d'Andrew Dominik) âpre et violent, culminant dans une dernière demi-heure à la démesure digne d'un Kubrick. Un réalisateur exceptionnel, des figurants tous aussi bons les uns que les autres, un Paul Dano remarquable dans le rôle d'Eli le jeune homme de foi, mais malgré cela, celui qui transcende littéralement ce film et qui lui permet de passer du statut d'excellent film (comme on en voit un ou deux par an) à celui de chef d'oeuvre absolu du cinéma, c'est la performance INCROYABLE (et le mot est faible!) de Daniel Day Lewis. Il est renversant, époustouflant du début à la fin du film (et quelle fin !) et l'on comprend pourquoi cette homme est considéré à juste titre comme le "meilleur acteur du monde", l'oscar du meilleur acteur est indiscutable tant son magnétisme est puissant, il est véritablement habité par son personnage (un conseil regarder le en vo), n'hésitant pas à transformer sa véritable voix, sa façon de marcher...il est Daniel Plainview. Ce rôle restera à coup sûr comme l'un des moments les plus forts de sa carrière, il est inoubliable, tour à tour aimant, docile, manipulateur, violent, diabolique....(là encore la métamorphose opérée tout au long du film n'est pas sans rappeller celle de Jack Nicholson dans le film culte de Kubrick "Shining"). Vous l'aurez compris ce film est prodigieux, un monument du septième signé Paul Thomas Anderson, magnifié par l'éblouissante performance de "Monsieur" Daniel Day Lewis....les lumières se rallument, je reste là assis sur mon siège en écoutant le générique de la fin du film, je peine à réaliser la monumentale claque cinématographique que je viens de me prendre en ce soir du 11 mars 2008.... Je note toujours sur cinq mais je crois que pour celui-ci ********/5...loll.
1- "Two Lovers" de James Gray, Sortie le 19 Novembre 2008.
Voici donc le seul film que j'ai vu deux fois en salle cette année tant le plaisir fût à chaque fois intense. "Two Lovers" est venu comme une évidence lorsque j'ai dû songé au Film de l'année 2008.
L'histoire : New York. Léonard hésite entre suivre son destin et épouser
Sandra,la femme que ses parents lui ont choisi ou se rebeller et
écouter ses sentiments pour sa nouvelle voisine, Michelle, belle et
volage, dont il est tombé éperdument amoureux..
Je
l'attendais depuis sa présentation à Cannes en mai avec une impatience
folle et c'est avec une grande joie que j'ai pu enfin découvrir sur
grand écran le dernier film de James Gray intitulé "Two lovers". Précédé de critique dithyrambiques j'en attendais beaucoup. J'ai toujours été un grand amateur des films de James Gray ("Little Odessa", "The Yards", "La Nuit nous appartient"), de son univers. Le moins que l'on puisse dire c'est que je n'ai pas été déçu, "Two Lovers"
est peut-être son film le plus abouti, le plus épuré aussi, comme si
Gray touchait là à la quintessence de son cinéma, filmer comme personne
des histoires qui peuvent paraître vu et revu, avec une grâce et
.
Comments
tres bien.
je n'ai pas vu "two lovers". j'adore joaquin pheonix. son le prochain film pour moi...
Merci Le Dude pour cette belle sélection !
Two Lovers j'aurais bien aimé le voir. Je ne sais pas s'il passera encore en début d'année 2009. Sinon je le louerai lorsqu'il sera sorti en dvd.
Je regrette de ne pas avoir vu ton TOP 1....mais je le verrai en DVD.
Il reste que le suspens est insoutenable....
Très bonne fin d'année à toi Dude et merci pour ton indéfectible présence cinématographique, concerts, théâtre, livres etc.... en 2008.
Biz
"The dark Knight" était résolument sombre lui aussi. il m'avait miné le moral !
Bisous
Je ne vais pas au ciné, mais j'aime venir lire tes résumés et ainsi je vois ce que je peux acheter en DVD
Bisous et bon dimanche
"Wall E"... trop long à mon goût, trop manichéen, et en même temps trop sombre. Suis sorti de la salle de ciné triste et déprimé.
Un détail m'a de plus choqué : sauf mauvaise vue de ma part, tous les rescapés sont blancs : ni métis, ni noirs, ni asiatiques... ; l'Amérique Disney d'avant Obama avait-elle renoué avec certains démons ?
pfffffffffffff pas de tes films dans ma ville grrrrrrrrrrrrr
bisousssssssssssss tout de meme !!!!!!!!
Juste une petite précision sur "two lovers", ce film ne dit pas la vérité. Il y a une troisième lover avec qui Joaquin Phœnix décide de faire sa vie. Sur ce blog, je te donne le scoop, et c'est bien parce que c'est ti mon Dude : cette troisième amoureuse, c'est moi ! Voilà, il fallait que le monde entier soit au courant, c'est fait !
Bisous to the Dude
Pschit
ßisous mon Duc de Dude… Même si je ne suis pas souvent sur le net je pense à mon poussin … ßîßîs à Frédric… Quizàs ßonne Année…
The Dude.
The Dude.
The Dude.
à très vite sur vox ! The Dude.
The Dude.
The Dude.
The Dude.
The Dude.
The Dude
The Dude.
The Dude.
ps: quel film sublime quand même ce "two lovers" et je te l'ai peut-être déjà dis mais en acteur joaquin phoenix pour moi c'est juste le meilleur, bizzzzzzzzzzzzzz ♥♥ merci pour ton commentaire vraiment excellent, j'adore les messages décalés♥
Excellente sélection !
C'est vrai que j'avais oublié le film de Nolan "the dark night " !
D. Day Lewis est un acteur prodigieux, un des meilleurs !
La 1er fois que je l'ai vu c'est dans "my beautiful laundrette " de Stephen Frears où il crevait déjà l'écran ! Il ne m'a jamis déçu par la suite.
Cher Dude je te souhaite une bonne fin d'année et mes voeux de bonheur pour 2009: à défaut, une année cool car le bonheur est une denrée rare !
-The Dark Night
D. Day Lewis je suis vraiment à 100% d'accord avec toi, il est juste incroyable, mon acteur fétiche avec Joaquin Phoenix :) bizzzzzzzzzzzzzzz et encore un grand merci pour ce com chaleureux qui me va droit au coeur Maryne ♥♥♥♥♥
Amitiés !
The Dude.♥
BîBîs de fré....ic !! ♥♥
kikou , oki je vais télécharger alors hihihhii
je te souhaite aussi de passer un bon réveillon, et pas de folie lolllll
bisoussssssssssssssss
Bonne sélection ! No country... et There will... superbes c'est clair !
Allez j'te fais le béko pour la nouvelle année qui vient et qui nous promet encore de superbes tirades culturelle du Dude ! ;)
Bonne festoyade !
Skoff du 47ème qui rugiera ce soir !
1 - Gomorra
2 - The dark Knight
3 - Lars & the real girl (= Une fiancée pas comme les autres)
4 - Wall E
5 - Ghost Town
Pas eu le temps de voir two lovers, il aurait forcément été dans le top5 :p
Bonne année Monsieur Dude !
Comme promis, mes cinq films sans classement aucun :
*En avant, jeunesse - Pedro Costa
*Gomorra - Matteo Garrone
*Rome plutôt que vous - Tariq Teguia
*My Magic - Eric Khoo
*Un été avec Coo - Keiichi Hara
Mes meilleurs voeux pour la nouvelle année qui s'annonce !
a++
Gros bisous
18/ W l’improbable président 19/ Le premier jour du reste de ta vie 20 / Kung Fu Panda
Et hors compétition ;-) Mama mia !Pas vu : Two Lovers, There will be blood et no country for old man mais ça ne saurait tarder et je crois qu'ils auraient certainement figurer dans les premiers...
Bon réveillon, moi je me sauve !
Bisous
Pschit en retard comme d'hab !
The Dude.
Longue vie pleine de Bonheur !
Je t'embrasse,
Pschit
Je ne vais pas te souhaiter un tas de conneries que je sais d'avance que c'est de l'utopie… Je te souhaite le bonheur, celui à laquelle tu aspires…
Milliers de ßisous mon Duc de Dude… Quelque chose de particulier pour celui qui aide tant les autres avec tant de dévotion…
ßîßîs à Fréric, celui qui est dans mon coeur …
♥MERCI !! ♥
ßisous tout plein Poussin… ßîßîs à ton ami de toujours, ton double, Fréric.
Excellente année 2009 Dude ! tout plein de bonnes choses, de douceur, de bonheur, de santé et.... de ciné !
Biz
tres bonne année à toi,,,,,euhhhhhhh prison alors toi avant moi, car je télécharge pas ,,,,tu preféres les oranges ou les mandarines lolllll
j espère que tu auras ton ordi portable a la prison sinon tu meursssssss hihihihihi
bisoussssssssssss très cher Dude
et oui comme le Dude http://www.fluctuat.net a sélectionné "two lovers" film de l'année pour leur rédaction, c'est cool ;-)
Leur critique du film :
Après trois polars de belle facture, James Gray s'attaque au drame sentimental. Habité par la vibrante performance de Joaquin Phoenix, Two Lovers tutoie les sommets du cinéma américain.
Le passage du polar au mélo semblait risqué pour James Gray. Pourtant, le cinéaste parvient à dépasser l'intensité de ses précédentes œuvres (Little Odessa, The Yards et La Nuit nous appartient) en remplaçant la violence des nuits mafieuses par la rudesse d'un hiver contre lequel vient lutter un cœur en lambeaux. Ce cœur, c'est celui de Leonard (Joaquin Phoenix), trentenaire new-yorkais revenu s'abriter dans l'appartement familial après un douloureux chagrin d'amour.Two Lovers débute dans l'eau glacée d'un soir de novembre et s'achève dans la chaleur apaisante d'une fête de nouvel an. Entre-temps, James Gray aura dessiné un trajet individuel d'une richesse inouïe. Dans cette tentative de reconstruction amoureuse, Leonard croise deux femmes. Si la brune Sandra (Vinessa Shaw) - jolie madone made in Brooklyn - lui est présentée dans des conditions peu idéales, elle éveille en lui des désirs de stabilité. Quant à la blonde Michelle (Gwyneth Paltrow), comète tombée presque miraculeusement dans le voisinage, elle offre à Leonard la sensation qu'il peut se muer en adulte protecteur.
Plutôt qu'une simple opposition entre raison et passion, Sandra et Michelle représentent deux versants complémentaires dans la rééducation sentimentale de Leonard. Et avant de choisir entre l'une ou l'autre, il s'agit surtout pour le jeune homme de se redéfinir par rapport à son passé, à sa santé fragile et à sa famille.
Un travail sur l'intimité
La grâce que dégage ce trajet est rendue possible par le travail d'orfèvre de James Gray, qui charge sa fiction d'une infinité de détails charnels. Etre solitaire qui n'a aucun ami à qui confier ses états d'âme, Leonard va se donner tout entier à l'œil du spectateur/confident. Durant la première moitié du récit, nous suivons quasiment le personnage en temps réel, comme connectés à sa sensibilité à fleur de peau. Le spectateur habite littéralement la chambre cotonneuse de l'ami Leo et vibre au rythme de ses bouleversements intimes. Mais au fur et à mesure que Leonard s'affranchit de différents poids, le temps se dérobe et s'emballe : des ellipses font leur apparition (dont l'une, sous forme de photos en noir et blanc, touche au sublime) et les motivations du jeune homme paraissent plus énigmatiques. Se détachant peu à peu de nous, le personnage acquiert enfin une autonomie. Les décisions qu'il prend vont s'avérer ambiguës et la séquence finale, d'une perfection esthétique et émotionnelle, peut ainsi s'interpréter de diverses façons. Que l'on voie dans cette conclusion une lumineuse libération ou une sombre résignation, le constat est le même : le cœur de Leonard a su s'enrober d'une insondable part de mystère et le personnage peut rejoindre plusieurs grandes figures du cinéma classique américain.Les fantômes du septième art
De cinéma, il en est bel et bien question au sein de l'univers fictionnel de Two Lovers. En plus de sa passion pour la photographie, Leonard affirme nourrir une vaste cinéphilie. S'il parle avec Sandra de La Mélodie du bonheur, c'est surtout l'affiche de 2001: l'odyssée de l'espace qui hante et surplombe les murs de la chambre du jeune homme.
Surtout, le récit est traversé par des fragments de l'histoire du septième art, portant en lui de multiples souvenirs. Le terrassant regard qu'adresse Gwyneth Paltrow à la caméra lors de la seconde scène sur le toit est présenté par James Gray comme un hommage direct à Sueurs froides, matrice absolue des films traitant du vertige identitaire suscité par le désir. Et dans la séquence du restaurant, l'utilisation du morceau Lujon, composé dans les années 1950 par Henry Mancini (mythique compositeur de Diamants sur canapé), diffuse toute l'élégance angoissée des longues soirées new-yorkaises.
Au-delà de ces références, Two Lovers fait planer sur ses personnages un halo fantomatique. La mère de Leonard (Isabella Rossellini) réveille son fils un matin en le traitant de vampire qui vit la nuit et dort le jour. Loin d'être innocente, la métaphore parcourt l'ensemble du film : entre le visage inexpressif du père (Moni Moshonov) qu'éclaire la télévision et le moment où Michelle se vide de son sang, le mort et le vivant cohabitent comme dans un songe noir. Et si Leonard se présente à Sandra comme l'héritier du Roi du Danemark (Hamlet, tout simplement), c'est bien que la frontière entre l'être et le néant continue d'obséder une certaine frange du cinéma américain.
A seulement 39 ans, James Gray réalise un coup de maître, prouvant qu'il peut tourner rapidement (il s'est écoulé moins d'un an entre la sortie de La Nuit nous appartient et celle de Two Lovers) sans rien perdre de son inspiration. La filmographie du cinéaste s'enrichit peut-être même là de son plus beau joyau. Et si l'on a appris récemment que Joaquin Phoenix souhaitait arrêter sa carrière d'acteur, rien ne saura effacer cette bouleversante prestation d'amant fragile.