21 posts tagged “musique”
Littérature culte du Dude :
Tourgueniev (1818-1883) est l'auteur en 1850 de cette nouvelle qui s'intitule "Le journal d'un homme de trop" parue dans la revue "Les Annales de la patrie". Elle fût pendant près de dix ans censurée et l'écrivain voué à l'exil en France. Tourgueniev fait partie de ces auteurs russes du XIXème siècle que j'admire plus que tout, au côté des Gogol, Dostoïevski, Tolstoï et autres Pouchkine. L'histoire est celle d'un jeune homme russe, il a trente ans et il se sait condamné parce que malade. Il va alors consacrer les derniers jours de son existence à écrire le journal des événements qui ont marqué sa vie, "Je vais me raconter ma propre vie." Il y dresse un portait sans concession d'une société russe en province sclérosée et insipide, où le mensonge est une règle et le mépris des gens "biens-nés" pour les autres catégories de la population un mode de vie avec lequel il convient de ne pas transiger. Notre narrateur se dévoile ainsi peu à peu, son amour pour une jeune femme au doux nom d'Elisabeth, un amour qui ne se peut... parce que notre homme le reconnaît il ne peut rien contre ce destin qui l'a voué à une lutte sans espoir contre ses faiblesses, ses propres démons, il est cet "homme de trop" à qui tous se refusent, ce paria magnifique, assez proche finalement du narrateur des "Nuits blanches" de Dostoïevski. Il est parfaitement lucide sur sa condition d'homme et c'est ce qui semble, bien avant la maladie, le condamner, la maladie n'étant que l'agent de celle qui ne se refuse à personne. "Je n'ai pas fui le bonheur, j'ai même essayé de l'atteindre en prenant à droite et à gauche." La description de l'état vécu lorsque l'on est pris par les turpitudes de la passion est fine et d'une férocité rare. Parce que cet homme de trop ne se voyait exister que dans le regard de l'être aimé, mais il ne peut rien contre son destin, fataliste il écrit "Je cesse d'être de trop en rentrant dans le néant." Une lecture que je vous conseille vivement, un ouvrage très court mais riche tant dans la forme que sur le fond, tour à tour émouvant et drôle par son cynisme assumé, c'est à mon sens un véritable bijou de la littérature russe du XIXème siècle.
Ma note:*****/5.
"Je vois encore cette silhouette lividement propre, pitoyablement respectable, incurablement abandonnée ! c'étai
Ma note:*****/5.
Quelques mots enfin, pour vous parler d'un roman de Dostoïevski (1821-1881) un peu moins connu que ses grands classiques que sont "l'Idiot", "les frères Karamazov" et qui s'intitule donc "Les carnets du sous-sol". C'est là aussi un de mes livres de chevet, d'une beauté à couper le souffle tant l'on est emporté par son style. Si Dostoïevski est un génie absolu de la littérature c'est parce qu'il a su comme personne parler de nos travers, de nos forces mais aussi de nos faiblesses, de ce vide qui parfois nous saisis d'effroi. Le narrateur vit à Saint Pétersbourg où il n'est qu'un petit fonctionnaire comme tant d'autres. C'est dans ses carnets qu'il peut laisser jaillir toute la rancœur qui s'est accumulée contre ce monde qui lui paraît insupportable. Ce roman est considéré par certains intellectuels comme étant l'un des tous premiers textes existentialistes. Un livre absolument fascinant peuplé d'une galerie de personnages qui ne semblent pas si éloignés de nos revendications d'homme "moderne" perdu entre ce besoin d'amour, de l'autre et en même tant cette incapacité profonde à se sentir bien ensemble, ou comment la solitude et l'amélioration des moyens de communication moderne semble curieusement allez de paire, contradiction de nos sociétés modernes.
Ma note:**** /5.
Ceci m'amène à vous présenter de façon très succincte deux ouvrages d e réflexion sous la direction de Marie de Solemne (Philosophe) qui convie dans "Aimer désespérément" et "La grâce de solitude" des philosophes, des écrivains, des théologiens, des hommes de sciences, etc.. à nous donner leur façon de percevoir deux des sentiments les plus partagés dans le monde moderne, la solitude et l'amour. Ce sont des ouvrages courts mais très denses sur le fond et qui permettent à ceux qui le souhaiteraient de pousser un peu plus loin nos sentiments sur ces thèmes. Les questions soulevées sont pertinentes et chacun(e) est ensuite libre de se rapprocher plus ou moins des pistes de réflexion offertes par ces intellectuels qui pour
une fois mérite pleinement ce nom (on est loin ici des philosophes peoples et autres donneurs de leçon). L'aspect pluridisciplinaire est particulièrement enrichissant, psychologie, philosophie et théologie se mêlent habilement et l'on prend un grand plaisir à lire cette collection Espaces libres chez Albin Michel.Tous ces ouvrages sont non seulement passionnants, riches de sens mais ils sont en plus disponibles pour des sommes modiques mettant ainsi la culture à portée de toutes et tous, chose qui me tient particulièrement à coeur.
Critiques DVD et Musique du Dude :
Ce mois-ci je tenais à vous parler de la sortie en DVD du live d'Étienne Daho à la salle Pleyel à Paris, enregistré en 2008 lors de la tournée qui a suivi la sortie du très réussi "L'invitation". Sobrement intitulé "Daho Pleyel Paris", ce DVD nous permet de retrouver un Daho très inspiré, on peut parler d'un best of live tant la set list est impressionnante et comblera les amateurs de cet artiste qui depuis plus de vingt ans est l'un des rares à pouvoir conjuguer richesse des mots, la beauté des mélodies et ces sonorités pop très anglo saxonne que l'on aime tant (un peu comme un Biolay). 33 titres couvrant l'ensemble de sa riche carrière, les classiques et puis les titres de son dernier LP dont les sublimes "L'adorer" et "Boulevard des capucines". Etienne Daho vieillit comme nous tous mais on peut dire que le poids des années n'a pas du tout émoussé son talent bien au contraire. Sobre, élégant et authentique comme la pochette de ce DvD, richesse des arrangements et cette voix discrète sans effet ni artifice. A noter aussi la présente de nombreuses guest stars dont Charlotte Gainsbourg et surtout Marianne Faithfull.
Ma note:**** /5.
ps: à noter aussi la sortie en double LP.
Depuis le temps qu'on l'attendait ce live in Reading 1992 de Nirvana, il aura donc fallu 17 longues années pour le voir enfin sortir en live officiel, double LP ou en DVD au choix ou plus sûrement les deux :) Courtney Love en femme d'affaire avisée a semble t'il déniché un énième filon pour soutirer de l'argent à cette poule aux oeufs d'or qu'est devenu, malgré lui, Kurt Cobain, idole de tout un peuple rock, leader d'un mouvement, le grunge, dont il aura incarné à la fois le zénith et sa fin crépusculaire dans les drogues et les suicides de toutes sortes. Au milieu de ce chaos seul Eddie Vedder et Pearl Jam ont aujourd'hui survécu... Kurt Cobain comète géniale au destin tragique, icône absolu du rock des 90. Sa disparition marqua aussi la fin de l'hégémonie us sur le rock et je pense que depuis Nirvana, pas un seul groupe américain n'a atteint ce niveau, c'est vers la perfide albion qu'il faut se tourner pour trouver ce qui fait encore l'essence du rock, la spontanéité et la sincérité. Ce live à Reading est resté dans toutes les mémoires, élu même par le NME concert rock ultime, on y voit et entend un Kobain dément, à l'image de son arrivée dans un fauteuil roulant... et puis ses titres que nous connaissons tous et toutes, véritable pater du rock indé, Nirvana et Kurt Cobain à jamais dans la légende ! On pourra toujours pester sur l'indécence de Love dans la gestion du patrimoine musical Kobain mais sur le plan artistique il est indéniable que nous sommes là face à "The fucking Live !" avec 24 titres qui s'enchaînent magnifiquement. Même si il existait déjà depuis longtemps en version pirate ce Live in Reading 1992 de Nirvana est juste indispensable. Le cadeau de noël idéal pour faire découvrir à nos chères petites têtes blondes nourris aux daubes MTV style Tokio Hotel, que dans le rock il n'y a pas besoin de se grimer ou de porter des tatouages pour l'Etre. Nirvana c'est l'incarnation de cet esprit du rock dont Kurt Cobain était l'incarnation, il a rejoint depuis Jim Morrisson et autres Hendrix et à ce qu'on me dit ils foutent un drôle de bordel live in Paradise :) Ma Note:*****/5.
On termine notre tour d'horizon de l'actualité musicale avec la sortie du très attendue quatrième album de la sublime
Ma Note:*****/5.
The Dude.
Le 8 juin 2007, je publiais avec une certaine fébrilité ma première note sur Vox. J'ignorais alors tout de l'univers du blog et souhaitais simplement trouver une sorte de petit cocon "Dudesque" :)) Je me suis installé sur cette planète voxienne et m'y suis tout de suite senti à mon aise. Depuis on n'a pas cessé de partager ensemble sur le cinéma (non je n'ai pas vu que The Big Lebowski...loll), la musique, la littérature, la peinture, la poésie et tant d'autres choses (dont certaines que je tairais par pudeur...loll). Hier soir, j'ai passé avec une certaine émotion la barre symbolique des 30 000 personnes ayant visité ce blog. Après plusieurs "White Russian" pour fêter l'événement :)) j'ai eu l'envie de vous écrire ce petit mot afin de vous remercier de prendre le temps de lire ces notes que je prends un plaisir fou à écrire, vous remercier aussi pour vos commentaires qui donnent tout leur sens à ce blog. On forme une chouette communauté ! on partage, on délire (j'ai honte parfois...lol), on est bien ensemble et ça fait chaud au ♥ ! J'embrasse les voxeuses (que serais-je sans vous♥...) et pour les voxiens je trinque à leur santé en me préparant un petit "White Russian" dont je rappelle ici la divine recette (6cl de vodka...pas plus non... 6cl de liqueur de café et 6cl de lait...ah oui j'allais oublier les glaçons), voilà c'est prêt et cela se consomme avec modération... :) MERCI !♥
"I'm a Lebowski, You're a Lebowski ! Life, The Big Lebowski and What have You !"
The Dude. (pour les dons à "TheDude.association ForEarth", j'accepte les chèques, cartes bleues, et espèces :))
J'ai passé un début de journée quelque peu éprouvant et comme à mon habitude, pour remédier à cela je me suis dirigé vers mon cinéma préféré pour allez voir Le film que je ne voulais manquer sous aucun prétexte, le "This is It" réalisé par Ortega sur les répétitions à Los Angeles, au Staple Centers, de Michael Jackson avant la série de concerts londoniens qu'ils devaient donner à l'O2. Je n'avais pas fait de note pour parler de l'émotion qui m'avait envahi à la mort de Michael Jackson, je ne trouvais pas les mots... d'autres ami(e)s voxiens s'en sont admirablement chargés. En ce 25 juin 2009 ce n'est pas seulement un génie absolu de la musique qui nous a quitté, c'est aussi un homme profondément bon, terriblement humain, trop humain peut-être... C'est en effet ce qui transparaît le plus dans ce film, cette humanité de Jackson avec son équipe, avec les danseurs, cet amour pour son public qui le pousse à aller toujours plus loin, à repousser les limites en souhaitant proposer le show ultime, à la hauteur du mythe qu'il s'est forgé. Michael Jackson le savait, il était attendu au tournant par nombre de personnes qui le disait affaibli, incapable de danser, ne pouvant qu'à peine tenir sur ses jambes, ne pouvant assurer un tel show qu'en playback... Le public lui était là et les 500000 places pour la tournée s'étaient vendus en un temps record. Ce film vient en finir ici, de la plus belle des manières, avec toutes ses rumeurs, non Michael Jackson n'était pas fini, je dirais même après avoir vu "This is It" qu'il avait atteint en quelque sorte le stade ultime de son art. Les craintes que l'on pouvaient soulever légitimement avant de voir "This is It" étaient nombreuses, n'allait-on pas assister aux répétitions d'un ange déchu ? était-il encore à la hauteur de sa propre légende ? Après l'avoir vu dans ce film-documentaire on se rend compte à quel point la machine médiatique s'était trompée sur cet homme, combien on avait voulu salir et renverser l'idole. Ce qui m'a fais plaisir, c'est de ressentir toute la pudeur d'Ortega qui n'en rajoute jamais dans l'émotion, il n'en avait pas besoin, les images parlent d'elles-mêmes, ici point de pathos, pour la première fois nous voyons l'homme Michael Jackson tel qu'il était. Un perfectionniste qui avec tact mais néanmoins autorité réclamait que l'on joue la moindre note telle qu'il l'avait voulu. On est loin ici d'un Michael Jackson contrôlé par tous, c'est lui qui décide et lui seul. Un travailleur infatigable, humble, à l'écoute de ses danseurs, des musiciens et autres choristes qui l'accompagnent. On voit ainsi un moment très intense où Michael chante avec une fille à la voix superbe "I just can't Stop loving you", et ce final du titre où la jeune femme reste scotchée à ce qu'elle vient d'entendre, la voix de Michael et lui qui lui fait signe de se tourner vers le public, avec toujours ce temps d'avance qu'ont les génies. Mise en scène, musique, chorégraphies, les effets spéciaux, ce film nous permet de nous rendre compte de ce qu'aurait été "This is It", un show hors norme, un spectacle ultime, le testament, l'adieu de Jackson à son public. La belle idée c'est d'avoir repris la set-list du concert et de nous montrer les morceaux en entier, tout cela grâce à un montage des plus judicieux. On s'immerge dès les premières minutes dans ce spectacle et l'on assiste alors à un show incroyable de Jackson, sa voix intacte, sublime (lui qui avoue avec le sourire qu'il se ménage pour le jour J...) et puis cette présence incroyable, la chirurgie, les déboires, rien ne peut effacer le charisme inné de cet artiste ultime ! "They don't care about us", "Thriller" (et sa nouvelle vidéo époustouflante), "Billie Jean" où Michael nous propose une chorégraphie extra terrestre... Parce que s'il y a bien un domaine où Jackson me scotche c'est la danse, son corps devient un instrument au service de la musique, il la vit, elle est en lui, ses pas de danse, les mouvements de ses pieds, il est transfiguré dès que les premières notes résonnent, il est le rythme... Et puis il y a ses moments émouvants où l'on perçoit l'enfant qu'il était resté malgré tout, cette voix si fluette, son corps lui-même, d'une minceur extrême nous fais penser à celui d'un adolescent. La chanson "Earth song" raisonnant dans la salle de cinéma me toucha particulièrement. La chose qui est sûr c'est qu'il nous préparait un retour à sa mesure, incroyable, Jacksonien ! Pudeur, sobriété, génie, musique voilà les mots qui me viennent à l'esprit. Je ne peut que vous recommander d'aller voir ce film, sorte d'ovni, on passe un moment très intense, ah ! "Billie Jean"... La Jacksonmania est reparti de plus belle et ce n'est que justice pour celui qui restera à tout jamais comme l'un des plus grands artistes que le monde ait connu. Les notes de "This is It" retentissent, l'image s'arrête un instant sur un Michael bras levés et grand souverts en direction de ce public qu'il n'aura jamais oublié et qui aujourd'hui le lui rend bien.
Tu resteras à jamais dans nos ♥, "God Bless you", ta musique n'a pas fini de nous accompagner en attendant d'assister à un show "Live In Paradise"...
The Dude.
Je dédicace cette note à mon amie de vox Apolline♥ !
Ma Note:*****/5.
Benjamin Biolay a sorti son cinquième album "La Superbe", 22 titres pour un double LP qui possède une classe folle. La critique est unanime des Inrocks à Télérama, Biolay vient d'écrire ici un disque qui porte bien son nom. Conçu comme un film musical, ce voyage au pays de Biolay est un régal, les orchestrations, les musiques sont comme à chaque fois particulièrement travaillées, les textes sont poétiques à souhait. Il semble à l'aise dans tous les styles. C'est incontestablement, à mon sens, un surdoué, une tête à claque sincère, arrogant certes mais cachant au fond de lui une profonde sensibilité, et puis cette mélancolie qui nous offre un premier disque bouleversant. Au delà de l'image publique qu'il peut donner de lui, il convient de juger l'homme avant tout sur ce qu'il produit, hors là avec "Trash Yéyé" en 2007 et "La Superbe" en 2009, Biolay nous démontre s'il en était besoin qu'il se trouve à des années lumières des piètres Bénabar et autres Renan Luce. Biolay aime la pop anglaise et cela se sent, son don inné à dénicher des mélodies entêtantes est bel et bien là. Depuis sa sortie, je ne me lasse pas d'écouter ce disque en tout point superbe. Outre ce premier extrait qui a donné ce titre à l'album on pourra aussi noter plusieurs autres moments forts "15 aôut", "Brandt Rhapsodie", "Ton héritage" et puis dans un autre style "Buenos Aires". Oser sortir un double album en 2009 et en plus tenir se pari haut la main, on ne peut que s'incliner devant cette évidence, Biolay est un génie ! Comme toujours les thèmes évoqués tournent autour de la mélancolie, de l'amour qui s'échappe inévitablement, du temps qui passe... C'est l'album du mois du Dude et il sera très certainement dans mon top 5 des disques de l'année 2009, mais nous aurons le temps de reparler de cela avec Aurelio, Pierre, Niggy et tant d'autres ami(e)s voxiens :)
Ma note:*****/5.
Mon avis : Je ne vous dévoile rien d'autre sur cette histoire dans le but de vous préserver tout le suspense de ce roman absolument haletant. Ici, et c'est suffisamment rare pour le noter, le thriller ne se conjugue pas avec un style pauvre, l'écriture de R.J. Ellory est belle, soignée, ses descriptions du Sud des Etats-Unis puis de New York des années 1930 à la fin des années 1960 sont un vrai bonheur. On éprouve un réel plaisir à lire cette histoire sombre, au porte de l'enfer, le doute s'insinue en nous de façon progressive et nous ne pouvons plus alors interrompre la lecture de ce livre en tout point remarquable. C'est bien simple, j'ai lu les 200 dernières pages en une seule nuit. C'est d'autant plus surprenant, que je ne suis pas habituellement un amateur de ce style de littérature, mais là vraiment j'ai été littéralement emporté par le souffle de ce récit, la place accordée à la psychologie des personnages, ses descriptions de ce qui forment l'essence même de la vie, l'amour mais aussi de ses frontières les plus abjectes, la folie et la mort. R.J. Ellory signe ici avec "Seul le Silence", un grand roman, un thriller sombre et intimiste avec en prime une réflexion sur ce qui nous pousse à écrire, à (sur)vivre dans un monde ou du plus beau peut surgir à tout moment le néant.
Ma note:*****/5.
L'Histoire : Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles, Norwegian Wood, qui
ressuscite en lui, brusquement, le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé, un soir, après avoir joué au billard avec lui. Kizuki avait une amie d'enfance, Naoko. Ils étaient amoureux mais ils sortaient souvent à trois avec le narrateur, comme s'ils avaient besoin de sa présence. Depuis, pour ce dernier, la mort fait partie de la vie, elle est présente, partout, dans l'air qu'il respire. Un an après ce suicide, le narrateur, maintenant étudiant à l'université, rencontre par hasard Naoko dans la rue et ils commencent à se voir de temps en temps. Naoko était insaisissable ; elle l'est toujours pour lui, incertaine et angoissée, mais il commence à l'aimer ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît. Quatre mois plus tard, il recevra d'elle une longue lettre, envoyée d'un sanatorium dans la montagne. Entre-temps, le narrateur a rencontré une jeune fille, Midori, étudiante à la même faculté. Franche, pleine d'esprit et de vie. Autour d'elle, il y a également des ombres de mort...Mon avis : Murakami nous emmène dans "La Ballade de l'impossible" au coeur d'un univers où l'amour, la passion se conjuguent bien souvent avec la mort, comme si tout amour portait déjà en lui le germe qui allait le vouer au néant. La poésie et la grâce de l'écriture de Murakami confèrent à ce livre une place toute particulière parmi les romans décrivant ce qui nous effraie peut-être le plus dans l'amour, cette perte de contrôle absolue, le temps qui soudain ce modifie, cette sensation d'abandon, ce sentiment d'avoir trouvé pour la première fois une raison d'espérer... Hanté par la mort ce livre est malgré tout un formidable hymne à la vie, au temps qui passe, à ses amours de jeunesse qui nous marquent à jamais d'une empreinte indélébile. Ici point de moral, nous sommes les jouets de nos sentiments, de nos pulsions. Murakami décrit magnifiquement l'attraction irrésistible qui nous pousse à vouloir ne former plus qu'un avec l'autre mais qui peut aussi se retourner contre nous-mêmes, dans une sorte de "don" ultime de soi, c'est alors la Passion, la mort qui nous ouvre ses bras. On ressort profondément ému de la lecture de ce livre.
Ma note:*****/5.
Le premier single extrait du nouvel album de Norah Jones "The Fall", cela s'appelle "Chasing Pirates"
Ce mois d'octobre débute de la plus belle des manières avec la sortie du cinquième album studio de Air, un de mes groupes préférés. Après la petite déception de "Pocket Symphony" en 2007, les Versaillais nous reviennent cette fois-ci avec un LP entièrement composé et produit par Air lui-même. Exit Nigel Godrich donc et place à un enregistrement dans leur tout nouveau studio de l'Atlas où ils se sont enfermés durant un an pour ce "Love 2". Nicolas Godin et Jean Benoît Dunckel nous offrent ici 12 titres qui ne révolutionnent pas le son de Air, au contraire, ils semblent revenir aux fondamentaux du groupe, point d'invités sur ce LP, des musiques toujours aussi éthérées, une ambiance très BOF, des voix digitalisées et robotiques à souhait. Un disque apaisant, maîtrisé, qui débute très bien avec "Do the Joy", "Love" et "So light is her football", puis c'est au tour du très seventies et entraînant "Be a Bee" qui n'est pas sans rappeler les meilleurs morceaux de "Moon Safari". Un LP qui après deux à trois écoutes dévoilent toutes ses richesses, Air n'a pas son pareil pour créer ce type d'ambiance, ces bandes originales très cinématographique qui voient notre esprit être emportée, transportée dans de lointaines contrées propices à notre imaginaire. Ce succède ensuite trois morceaux dans la même veine, avec notamment mon titre préféré de ce disque, "Heaven's Light" qui porte vraiment bien son nom. La première partie de "Love 2" est une belle réussite mais malheureusement c'est dans sa seconde partie que ce dernier déçoit et plonge l'auditeur dans une écoute de moins en moins attentive qui aboutit, allez disons le, à un certain ennui. "Night Hunter" est sans relief, le premier single de l'album "Sing Sang Sung" ne décolle jamais vraiment, avec une voix digitallisée qui pour le coup peut agacer. Le disque ce clôt sur un "African Velvet" dispensable. On ressort de l'écoute de ce "Love 2" avec un sentiment de frustration. Certes ce dernier est meilleur que le précédent, mais au final l'ensemble n'arrive pas à atteindre le niveau des "Moon Safari" et autre "Talkie Walkie". La faute à une seconde partie du disque qui perd en intérêt. Au final, Air me laisse quelque peu sur ma faim avec un album sans surprise, c'est d'autant plus dommage que certains morceaux sont parmi les meilleurs crées par le duo depuis longtemps.
Ma note:***1/2 /5.
Le 5 Octobre sort également l'édition spéciale du "Two Suns" de l'irrésistible Bat For Lashes, qui est pour l'instant mon disque préféré de cette année 2009. Il contiendra 8 titres supplémentaires, des titres lives, des inédits, des reprises (notamment une très belle version du "A Forest" de The Cure), ainsi qu'un DVD comprenant le documentaire de 48mn "Two+Two" sur l'enregistrement de ce disque indispensable. Pour votre information, cette édition spéciale est sorti en Angleterre début septembre, je l'ai immédiatement commandé sur HMV et l'ai reçu quelques jours plus tard. Je l'avais déjà acheté en mai en version normale, mais que voulez-vous quand on aime on ne compte pas... :))
Ma note:**** /5.
Ce deuxième album de l'élégante Scarlett Johanssonest en fait son premier, il fût enregistré en 2006 en compagnie de Pete Yorn avant le très chouette "Anywhere I Lay My Head ". "Break Up" sonne très sixties c'est une évidence, il oscille entre country-folk et pop. Neuf titres le compose pour une durée de 30mn. La voix de Scarlett quoique moins assurée que sur le précédent Lp est somme toute agréable. C'est très primesautié, cela parle d'amour bien sûr, de peine de coeur (ça me va très bien en ce moment :)) Le premier single "relator" est une petite chanson qui se veut sans prétention, mais qui possède un charme évident dès la première écoute. Le clip en noir et blanc est une réussite, Scarlett s'y montrant telle une icône sixties, terriblement glamour et sensuelle. La suite, on ne va pas se le cacher est un peu plus commune, c'est mignon sans plus, certes on ne l'écoute pas sans déplaisir, mais avouons le, on s'y ennuie un peu. Aucun titres hormis le premier extrait ne ressortent vraiment du lot. Je pense que c'est un disque à écouter le soir, au calme, on allume quelques bougies, on s'allonge, et l'on se plonge peu à peu dans le sommeil, bercé par la voix de Scarlett Johansson nous sussurant à l'oreille des mots doux. C'est tout de même beau de pouvoir rêver
:))
Ma note:*** /5.
L'un des événements de ce mois de septembre, c'est sans aucun doute la sortie du cinquième Lp de Mattew
Bellamy
Ma Note:**** /5.
Infos du Dude :)
-La sublime Norah Jones nous gratifiera d'un quatrième album "The Fall" qui sortira le 17 Novembre,
toujours chez Blue Notes Records, produit par Jacquire King (Tom Waits,
Kings of Leon) et composé par Ryan Adams, Will Sheff (Shearwater) et
Jesse Harris.Il se composera de 13 titres. Elle s'est entourée
également de nouveaux musiciens : les batteurs Joey
Waronker (Beck, R.E.M.) et James Gadson (Bill Withers), le clavier
James Poyser (Erykah Badu, Al Green), les guitaristes Marc Ribot (Tom
Waits, Elvis Costello) et Smokey Hormel (Johnny Cash, Joe Strummer). On
peut aussi souligner qu'elle a changé de look, moi je l'aime de toute
façon :)
-à noter cette semaine en couverture des Inrockuptibles (n°719 du 8 au 14 sept.2009), le groupe Oasis, et oui je n'ai pas pu résister :) avec notamment un florilège des plus belles déclarations des frères Gallagher, à prendre bien évidemment au second degré, voir au mill
Après un premier album d'exception "Fur and Gold", Bat for Lashes nous reviens avec un nouvel album intitulé sobrement "Two suns".
On le sait le cap du second album n'est jamais évident à relever alors
comment s'en est sorti Bat for Lashes alias Natashan Khan ? 11 titres composent
cet opus du quatuor féminin composé de Ginger Lee, Abi Fry, Lizzie
Carey et surtout de l'ensorcelante Natasha
Khan, multiinstrumentiste, compositrice, voix et âme de Bat For lashes. Bat for Lashes qui signifie
littéralement "Battre des cils" pourrait tout
aussi bien être le rassemblement de Chan Marshall, Björk, PJ Harvey et
Kate Bush tant le timbre de voix de la chanteuse Natasha
Khan rappelle
étrangement les quatre glorieuses artistes susnommées. N'y allons pas
par quatre chemins, cet album est une pure merveille, une réussite
totale, Bat for lashes prouve s'il en était besoin, qu'elle fait
dorénavant partie des artistes de tout premier plan par le talent.
J'espère vraiment que cet album va se vendre parce qu'elle le mérite,
Bat for lashes a le potentiel pour devenir quelque chose de
vraiment grand. Pour ceux qui ne la connaisse pas encore, un seul
conseil, prenez le temps d'écouter cet album qui mérite vraiment le
détour. Dès le premier titre "Glass"
l'on est emporté par la voix de Natasha Khan dans un univers
fantastique et féérique, les arrangements sur les onze titres sont
absolument énormes et l'ont sent sur chaque titre tout le travail qu'a
nécessité ce disque. L'ensemble est d'une cohérence rarement atteinte,
"Two Suns" est un disque "trippant", tribale... les mélodies et la voix
enchanteresse de Natasha Khan nous transportent dans un univers
onirique
propice à l’évasion. On pourra parler de l'excellent "Daniel" premier extrait du nouvel album, ou encore de "Good love", "two planets",
difficile de ressortir des titres de ce disque en tout point réussis.
Natasha Khan, magicienne à la voix sensuelle et envoûtante ou Bat For lashes confirme tout le bien que l'on pensait
d'elle avec ce disque d'exception, à découvrir d'urgence pour ceux qui
ne la connaisse pas encore. C'est l'album du mois pour The Dude :-)
Ma note:*****/5.
Le nouvel album de Ben Harper "White lies for Dark Times" sort lundi, et comme à chaque fois c'est un événement. Fini les Innocents Criminals qui étaient ses musiciens depuis le début, place à une collaboration avec le trio des Relentless7. Ben Harper fait partie du panthéon dudesque depuis un certain jour de 1997, moment où alors que j'étais en Première Littéraire j'ai découvert cet artiste et son formidable "The Will to live" avec ses hymnes tels que "Jah work", "Roses for my friends". Il faut aussi dire que depuis quelques disques Ben tournait en rond, comme si le succès croissant de sa musique l'avait rendu à mon sens de plus en plus insignifiant. "Both Sides of the guns" ou encore "lifeline" m'avaient particulièrement déçu, je n'y retrouvais plus ce petit quelque chose qui faisait de la musique de Ben Harper cette chose emblème de la coolitude que j'affectionne tout particulièrement. Ce nouveau LP a au moins ce mérite de nous montrer un nouveau visage de l'artiste, qui nous apparaît ici avec un son beaucoup plus électrique et osons le dire parce que c'est une chose suffisament rare dans la musique de Ben Harper, énergique. Les onzes titres qui composent ce disque, à défaut d'être tous enthousiasmant, ont pour le moins le mérite de nous faire taper du pied, de nous donner envie de bouger, une chose devenu rare sur les derniers essais de l'artiste. Les cinqs premiers titres sont particulièrement électriques, on notera parmi eux le très réussi "Up to you now" et sa mélodie accrocheuse. Suivent ensuite deux ballades accoustiques dont Ben a toujours eu le secret "Skin thin" et "Fly one time", idéal pour faire fondre le coeur de ses demoiselles :)) L'album repart ensuite sur un ton beaucoup plus électrique avec "Keep it together" et son final particulièrement cool à la guitare incisive. Bien sûr le disque connaît quelques ratés comme ce titre "Boots like these" qui sonne beaucoup trop Lenny Kravitz à mon sens (oui je sais j'ose la comparaison..lol). Il se clôt sur une nouvelle ballade tranquille de Harper "The word suicide" et son refrain entêtant, puis "Faithfully remain", trop sirupeuse à mon goût. Au final je retiens de ce disque, que Ben Harper a enfin fait ce choix d'oser partir dans d'autres directions musicales sans pour autant dérouter son public, avec ici et là des ballades accrocheuses. Si aucun titres hormis "Up to you now" ne sort vraiment du lot, l'album mérite tout de même le détour puisqu'il s'écoute non sans un certain plaisir. A défaut d'être au panthéon des disques de Ben Harper, ce "White lies for Dark Times" nous rassurent sur le potentiel créatif de l'artiste. Une chose est sûr, en 2009, il faudra encore compter avec Ben Harper qui prépare pour la rentrée une énorme tournée.
Ma note:*** /5.
Voilà une jolie surprise que ce nouvel album d'Indochine intitulé "La République des Météors" sortie lundi. Je ne vous cache rien si je vous dis que je suis loin d'être un grand fan d'Indochine, j'ai vis à vis de ce groupe une attitude respectueuse pour sa longévité (près de 30 ans) mais j'avoue n'avoir acheté aucun disque d'Indochine jusqu'à présent. J'ai aimé des titres de ci de là mais jamais un album dans son ensemble. Lorsque j'ai glissé le LP dans ma chaîne, je ne m'attendais pas à grand chose de spécial, j'étais simplement curieux de voir l'évolution de Nicolas Sirkis et d'Indo. Mais dès la première écoute j'ai été scotché par la cohérence de l'ensemble, un disque impeccablement produit, un véritable LP-concept qui démarre sous les hurlements et les bruits de botte du premier morceau "Republika meteor" avant d'enchaîner avec l'entraînante "Go Rimbaud Go !", de l'indochine pure sucre, c'est aussi cela le secret de la réussite d'Indochine sur ce disque, ne jamais chercher à se renier, être tel que l'on est sans s'occuper des modes. Emmené par un premier single entêtant "Little Dolls" (tube en puissance), Indochine nous prouvent qu'il n'a rien perdu de sa capacité à composer des mélodies imparables. La suite de l'album ne déçoit pas notamment avec le très beau titre "La lettre de métal", des textes marqués par la mort, la guerre, la perte en somme ("Le Grand Soir", "Un Ange à ma table"). L'album se compose de seize titres et pourtant il ne faiblit qu'à de rares moments, comme sur "Le Lac" ou encore "Union War" par exemple. Les refrains et les mélodies sont bel et bien là, le très rock "Republika", "Play Boy" "Je t'aime tant" ou encore "Les aubes sont mortes" rappellent le Indo des années 80 avec ce son si caractéristique. Vient ensuite la très belle ballade "Bye Bye Valentine", peut-être le plus beau titre de cette République des Météors. Vous l'aurez compris Nicolas Sirkis et sa bande signe là un très bel album, un bonheur pour les fans, mais je le recommande aussi à ceux qui aiment tout simplement la pop. A écouter d'urgence.
Ma note:**** /5.